Rodolphe NEUER,
photographe à TANGER

 

 


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© Michel MEGNIN, août 2002 - août 2009

 

Etudier la vie et l'oeuvre d'un photographe inconnu est un exercice encore possible pour les historiens de la photographie orientaliste et de "sa petite soeur" : la carte postale coloniale. 
Peut-on ainsi espérer un jour une étude biographique sérieuse au Moyen Orient sur les Bonfils, Béchard, Lekégian, Arnoux et autres Zangaki dont, pour la plupart, le fonds iconographique a été aussi exploité par des éditeurs de cartes postales égyptiens et libanais jusque dans les années vingt ? Quid, pour le Maroc, de Flandrin (ou de Felix) ?
En Algérie, la recherche semble plus avancée : un livre vient de paraître (enfin) sur Jean Geiser. La biographie d'Arnold Vollenweider fait l'objet d'un article dans la revue CPC et nous avons également avancé pour beaucoup d'autres grâce aux photos-cartes. Une étude pourtant réalisée sur Emile Fréchon (école pictorialiste) reste en revanche non publiée et, pour la Tunisie, on attend toujours le résultat d'une étude annoncée sur le fonds Pavia-Soler. Voici donc ce que nous pouvons dire aujour'hui de celui qui reste encore le très mystérieux Rodolphe Neuer, à Tanger.

 

Enquête biographique

 

De quoi disposons-nous comme documents avant une recherche plus approfondie qui nous guideraient vers les bibliothèques et les archives ? 
De quelques tirages aux sels d'argent sur papier albuminé vus notamment au Salon Paris -Photo 2001 et à la Galerie "A l'Image du Grenier sur l'eau" des frères Di Maria à Paris. 
Et d'un lot d'une centaine de cartes postales en couleurs de grande qualité, dont quelques unes seulement peuvent être datées, ce qui paraît reste bien insuffisant et appellen à toutes nouvelles informations que pourraient nous fournir des visiteurs érudits de ce site et en particulier les collectionneurs espagnols avec des cartes envoyées par des soldats ou visiteurs ibériques.

Que nous apprennent "nos" documents ? Le lot de cartes postales signées peut être classé en deux catégories : la première commence en 1914 et se poursuit au moins jusqu'en 1920 (dates d'envoi). Les légendes sont en espagnol ou en français, et signées en français, en espagnol ou les deux à la fois: "Photo-Neuer, Tanger, Collections orientales". Une série est consacrée à la ville de Tanger (cartes non numérotées) et une autre aux types et portraits ainsi qu'à des vues et paysages d'oasis (cartes numérotées). D'autres cartes non légendées présentent une signature différente: "Edit. Photo-Neuer, Tanger., Collections orientales" en bas de la carte et en haut "Tanger, Maroc". Contrairement aux premières cartes où le dos est imprimé en vert, cette série est imprimée en noir (avec une numérotation 2000 et 3000), ce qui peut être une indication permettant de la dater avant l'instauration du Protectorat en 1912. 
Ces cartes étaient vendues à Tanger mais aussi sans doute à Rabat-Salé d'où ont été postées en 1918 plusieurs cartes représentant des types et portraits. 
Une série sans mention de Neuer est également éditée à Mélilla par Boix Hermanos.

Deux autres séries non signées plus tardives, de qualité éditoriale variable, reprennent les mêmes clichés parfois sur cartonnage plus fin. La première, légendée, est référencée avec un numéro vert à deux chiffres ou à un chiffre suivi parfois d'une lettre en minuscule au dos de la carte. Les légendes peuvent changer par rapport à la série originale : c'est ainsi que " la soeur et le frère" deviennent "deux amis". La seconde, non légendée, présente une numérotation à quatre chiffres (4000). Ces séries ont circulé au moins jusqu'en 1938, date d'envoi de la carte la plus récente que nous avons trouvée, parfois en carnet, et notamment lors de l'exposition coloniale de Paris en 1931. En témoignent les inscriptions imprimées en lettres dorées en haut de l'image de certaines cartes. Nous avons même trouvé une des plus belles cartes de Neuer embellie par des paillettes qui rehaussent la beauté des bijoux . 
Ces cartes non signées sont ici présentées avec leur numéro de référence précédé de la lettre A.

Enfin nous avons trouvé des "copies" noir et blanc de très pauvre qualité, éditées après 1914, par LM Casablanca ("Femme à l'amphore") et par F Viala, Casablanca ("Retour de la fontaine"), variantes de la carte couleur numéro 75. Une carte anonyme est datée de 1920, ce qui laisse à penser que Neuer n'est plus là pour contrôler ses droits d'auteur. La jeune "danseuse" des cartes 25, 55 et A 4215 a également été photographiée sous le nom de Yasmina par Flandrin. Or la carte 681 de ce dernier reprend pose et costume de la carte 25 de Neuer quasiment à l'identique : il est donc certain qu'il s'agit ici de clichés Neuer rachetés ou piratés par Flandrin. Flandrin semble aussi avoir photographié plus tard un modèle de Neuer, Aischa, avec les légendes : "La plus belle des esclaves" et "Mlle Aicha boude". Modèle qu'il nous semble aussi reconnaître à Tunis chez Lehnert...

 

Une ressemblance troublante

 

On retiendra d'abord de cet ensemble encore peu représentatif que l'entreprise Neuer n'a sans doute pas survécu à la Première Guerre Mondiale. 
Dans l'hypothèse probable où il aurait été allemand ou austro-hongrois, Neuer a dû en effet quitter Tanger en août 1914 car,
bien que la ville bénéficiait d'un statut international depuis 1913, les Autorités françaises obtinrent la fermeture des légations ennemies et le départ de leurs ressortissants : il est donc fort probable que comme pour Lehnert et Landrock à Tunis, l'activité de l'entreprise Neuer se soit arrêtée pendant la Guerre et qu'elle n'ait pas repris ensuite sous la même forme.

Les cartes n'étant plus signées, le fonds fut alors exploité sans doute sous une autre raison sociale jusque dans les années trente. La carte la plus tardive que nous connaissons à ce jour fut envoyée en 1944 (colection Jean Balsan). Il faudrait savoir alors si Neuer lui-même a survécu à la Guerre et qui a donc repris l'édition de ses cartes postales en supprimant le nom de leur auteur. On notera cependant qu'en 1924 dans le livre " Les villes d'art célèbres: Tanger - Fes- Meknes (Pierre Champion, Paris, H.Laurens ed., page 9) on trouve en légende d'une photographie le nom : "Rodolphe Neuer", ce qui nous permet de donner un prénom au photographe et de considérer qu'en 1924 on mentionnait encore ses droits dans un livre français, au moment où ses cartes postales n'étaient plus signées. Arnaud Delas  ex-galerie Hypnos à Paris) nous a confirmé que certaines photos de Neuer portaient au dos le cachet " Rodolphe Neuer Tanger ":
ce prénom est-il ainsi un Rudolf francisé ou un élément important qui contredirait notre hypothèse d'une origine austro-germanique de Neuer ?

Quant à la ressemblance avec l'oeuvre de Lehnert, elle est évidente tant par les thèmes traités (la ville, les petits métiers, la femme, les enfants, les nus) que par la présentation éditoriale des cartes et leur qualité exceptionnelle de reproduction avec la même technique de coloration que les cartes tunisiennes. Faut-il en conclure que les cartes de NEUER ont été éditées par le même manufacturier, soit en Allemagne, comme le suppose à partir des commandes réalisée au Caire par L&L Edouard Lambelet ? Si cela était le cas ce serait sans doute un argument intéressant en faveur de la nationalité germanique de Neuer, mais une fois encore, il ne s'agit que d'une hypothèse.

Les tirages aux sels d'argent présentés par les frères Di Maria sont encore plus troublants : on y retrouve des nus dans des poses et des compositions très proches de l'oeuvre de Lehnert même si les modèles se montrent souvent moins souriants, effet de distanciation apparemment voulu par Neuer mais qui n'est pas systématique dans l'oeuvre du photographe. Le plus important se trouve dans la signature de ces photographies avec le même cartouche que Lehnert et Landrock comportant un monogramme avec des lettres entrelacées, le nom du photographe et de sa ville (Tanger en l'occurrence) et le numéro du négatif, soit la copie conforme de la signature des clichés L&L..

Mais faut-il parler de copie ?

Les frères Di Maria dataient ces tirages "circa 1900", ce qui est approximatif et bien téméraire, car cela ouvrirait l'hypothèse que ces photos pourraient être antérieures à 1904 : en ce cas, c'est Lehnert et Landrock qui seraient les "copieurs"! Sauf preuve du contraire, il nous paraît plus juste de parler de "circa 1910" ... 
L'hypothèse la plus vraisemblable, en effet, serait que le succés commercial de Lehnert et Landrock à Tunis aurait donné l'idée à Neuer de monter une entreprise semblable sur un marché que L&L n'occupera qu'à partir de 1912 en adaptant au marché marocain par des légendes fallacieuses des images algériennes ou tunisiennes.

 

Le Tanger de MATISSE

 

Le choix de Tanger par Neuer est intéressant car il situe l'entreprise sur le point de passage entre l'Espagne et le Maroc, lui-même en partie sous influence espagnole, un temps convoité par les Allemands (visite du Kaiser en 1905), puis placée sous contrôle franco-espagnol par le Traité d'Algésiras en 1906. Jusqu'en 1910-1912 c'est d'ailleurs la seule ville vraiment accessible aux Occidentaux, le reste du pays n'étant pas encore "sous contrôle" : encore en 1912, Matisse ne peut se rendre à Fez à cause de troubles dans cette ville et le choix après 1912 par Flandrin, de s'installer à Casablanca consacre en revanche un  pari sur l'avenir du pays sous Protectorat français et sur le développement futur de cette ville.

Pour cette raison, ce choix ne peut pas vraiment nous éclairer sur la date d'arrivée de Neuer. Van Hell, Cohen et Cartwright sont à Tanger bien avant 1904, Aravalo publie des cartes postales sur le voyage du Kaiser en 1905 et l'on ne peut dire avec certitude si l'arrivée de Neuer se situe ou non au moment du Traité d'Algésiras en 1906 (et donc après le début de l'activité de Lehnert et Landrock à Tunis). Ce traité apaise la situation jusqu'à la conquête du croissant chérifien par l'Espagne en 1909, campagne militaire qui permet au grand photographe espagnol Echague de commencer une carrière artistique prestigieuse. A vrai dire il faudrait avoir accés aux collections des cartophiles espagnols pour connaître par les achats de cartes par les soldats espagnols (et pas seulement par les Français à partir de 1912) les dates d'envoi des premières cartes de Neuer.

Ce choix de Tanger témoigne en tous cas de la volonté de toucher le public le plus large possible, choix "marketing" indéniable malgré la concurrence locale des Cohen, Cartwright, Van Hell, Jahan, Nahon, Benzaquen et Cavilla dont la plupart tenait magasin rue Siaghine, la rue la plus commerçante de la ville qui débouche sur le petit Socco. Il faudrait ajouter Cumbo à Gibraltar, sans parler de L&L présents à Tanger à partir de 1912 avec ses fausses séries marocaines. Arevalo quant à lui tenait sa librairie rue du Palmier. Il est vrai que depuis Delacroix, Tanger est  l'escale obligée dans le Grand Tour pour ceux qui abordent l'Orient par l'Espagne et l'Andalousie. En 1912, le peintre Marquet la juge "bien abimée" mais elle offre encore des attraits qui savent séduire Matisse, en particulier la lumière que le peintre découvre enfin après plus de quinze jours de pluie après son arrivée à l'hôtel Villa de France lors de son premier voyage au printemps 1912.

Historiquement c'est bien en effet la Tanger vue par Matisse que photographie Neuer. On sait que Matisse a envoyé depuis Tanger de nombreuses cartes postales à ses amis : 
il est donc possible mais non prouvé, selon les dates d'édition exactes des cartes (incertaines de 1912 à 1914), que le peintre a vu les cartes de Neuer (et celles de Lehnert), cependant nous n'avons pas trouvé trace jusqu'à présent de celles-ci dans les Archives Matisse ou dans celles de ses correspondants. 
On y trouve en revanche une carte en couleur signée Arevalo représentant la porte Bab el-Aassa qui inspira le peintre pour sa "Porte de la Casbah" tandis que certains croquis du peintre utilisent des cartes postales plus documentaires (ed Jahan) que vraiment "artistiques".

D'un point de vue esthétique, le pittoresque reproduit par Neuer (et par Lehnert) est sans doute très éloigné du pictural créé par Matisse. Pourtant, le traitement passionnant de la couleur par Neuer aurait pu retenir l'attention du peintre par ses contrastes parfois très prononcés avec des jaunes et des bleus audacieux, sur certains portraits un travail remarquable sur les ombres (A4200, A4215, A4222), et même quelques effets d'abstraction picturale sur une des vues de Tanger et Au bord de la rivière. La carte 36 ("un coin de village arabe") annonce presque Majorelle avec son architecture géométrique, le jeu d'ombres créé par les palmiers et l'absence inaccoutumée de présence humaine.

 

Un art plus "décoratif" que narratif

A vrai dire, les réussites de Neuer sont très nombreuses : la série sur la ville de Tanger avec une dominante jaune qui adoucit la lumière (Matisse écrit à ce sujet : " la lumière est tellement douce: c'est toute autre chose que la Méditerranée") est très supérieure à la concurrence locale et assez comparable aux vues du Tunis arabe de Lehnert. On y trouve les mêmes compositions jouant sur les arcatures des vieilles portes de la ville mais aussi les formes géométriques des maisons de la Médina, le tout peut-être avec moins de poésie dans la mise en scène des figurants: NEUER montre à voir mais ne raconte rien. Les plus grandes réussites de Neuer se trouvent sans doute dans sa série sur les petits métiers pittoresques qui semblent l'inspirer particulièrement : le marchand de légumes, le marché de bois et celui du sel valent bien les meilleurs clichés de Lehnert dans le genre.

Les portraits sont encore plus intéressants avec, parfois, quelques maladresses (Enfant arabe et Danseuse arabe). L'art de Neuer est en fait plus réaliste et plus décoratif que vraiment poétique : on retiendra notamment les couleurs somptueuses souvent trés vives, les magnifiques tapis marocains accrochés au mur, et le portrait envoûtant d'une négresse enveloppée dans sa vêture de neige : effet un peu facile mais très efficace ! A vrai dire, il y a autant de portraits que de "types" traditionnels, et l'on ne peut qu'être admiratif devant la variété d'expressions obtenue dans les portraits des enfants noirs. Le marocain fumant le narguileh aurait pu sortir de l'atelier de Ludwig Deutsch dont certains tableaux , ouvertement inspirés de photographies d'ailleurs, utilisent les mêmes accessoires traditionnels : la composition de Neuer et l'accumulation inutile de ces accessoires ne sont cependant pas très heureuses, et l'édition trahit une nette saturation dans l'utilisation du noir caractéristique des séries (signées) 2000 et 3000.

Pour mieux apprécier le travail extraordinairement minutieux sur la couleur, on comparera avec attention les deux cartes 3003 et 75 qui représentent la même "porteuse d'eau" avec des cadrages différents. La carte 3003 avec ses couleurs très riches met surtout en valeur le somptueux tapis qui sert d'écrin, pour ainsi dire, à la jeune femme. Sur la deuxième carte, le tapis privé de ses couleurs ne sert plus que d'arrière plan et c'est désormais la jeune fille au regard assez dur mais avec sa poitrine soigneusement "arrangée" qui intéresse le photographe. L'artiste s'attache aussi à rendre presque tangible la cruche en terre cuite qui sur la carte précédente, à cause de la couleur utilisée, paraissait plutôt en étain . On est bien loin ici du travail bâclé que l'on retrouvera sur la majorité des cartes postales colorisées des années 1950 !

Les quatre nus sont aussi de véritables chefs-d'oeuvre, cette fois bien peu orientalisants, avec un contraste entre trois cartes du même modèle, aux poses picturales très étudiées qui suggèrent rêverie et abandon, le nu sur le sofa étant comme la promesse des futures Odalisques de Matisse, et la quatrième, très moderne d'inspiration, comme un "instantané" à la sortie du bain : c'est sans doute le cliché le plus innovant de la collection avec la scène de maternité et son effet de contre plan qui la différencie nettement des images sur le même sujet de Lehnert. Les clichés que certains jugeront aujourd'hui "crypto pédophiles" sont en revanche assez proches. Neuer y représente les enfants totalement nus, à l'instar des images que notre télévision actuelle diffuse de notre tiers monde comtemporain et miséreux qui ne contrôle toujours pas la natalité, mais où les enfants nus continuent de sourire aux reporters photographes...

La ressemblance des deux images de "bédouines" d'âge un peu différent que nous présentons côte à côte finit par résumer les correspondances indiscutables qui existent entre les deux photographes : ce n'est sans doute pas le même modèle malgré la même chevelure, la même dentition, le même sourire, les mêmes yeux, le même voile rouge et le même péplum bleu (mais sans les fibules chez Neuer : il s'agit d'une petite mendiante!). La composition de l'image est un peu différente mais quand même, cette ressemblance troublante paraît comme le symbole d'une énigme non encore résolue plus de deux siècles plus tard : Rudolf et Rodolphe !

 

La clé de l'énigme ?

Un de mes amis collectionneurs m'a soufflé ce qui lui semblait être la clé de l'énigme...

Et si, derrière le mystérieux Rodolphe Neuer, se cachait en réalité Rudolf Lehnert lui-même ? Nous avons recensé toutes les similitudes qui existaient : mêmes centres d'intérêt, même inspiration artistique, même logo sur les tirages argentiques, même qualité éditoriale et même éditeur pour les cartes couleur. Se pourrait-il ainsi que, peu avant 1914, Lehnert et Landrock aient décidé de lancer une "vraie" série sur le Maroc à partir de la ville la plus visitée de l'époque : Tanger ? Et comme les austro-germaniques, à l'approche de la guerre, y étaient très mal vus, ils auraient ainsi choisi un pseudonyme plus neutre avec surtout un prénom francisé : Rudolf devenant Rodolphe ...

Reste quand même le choix d'un seul nom pour la signature, avec le prénom Rodolphe (pourquoi pas Ernest alors ?) qui met en avant un des deux associés, ce qui ne correspond pas du tout à la manière de travailler de L&L. L'hypothèse est certes sèduisante. Elle manque cependant de la moindre preuve, mais tant que l'on ne trouvera rien sur la biographie de ce Neuer, rien n'interdit de la soumettre à la sagacité de chacun. Même si pour tout dire, nous n'y croyons pas vraiment ! Une découverte récente démontre cependant qu'entre Neuer et Lehnert & Landrock, il y a bien eu des relations commerciales. Au dos d'une héliogravure L&L, se trouve ainsi le tampon "Photo-Hall Rodolphe Neuer", ce qui nous donne aussi le nom du magasin de Neuer à Tanger. 
Il se trouve que c'est aussi sous le nom Photo-Hall que Lehnert & Landrock publient de 1909 à 1903 l'encart publicitaire le mieux placé dans l'
Indicateur tunisien, de quoi peut-être alimenter la confusion mais qui selon nous démontre que Neuer vendait les clichés de Lehnert & Landrock à Tanger et que c'est ainsi qu'il a pu s'en inspirer s'en être Lehnert lui-même !

 

 
Nous remercions infiniment notre ami Andres TROYANO pour nous avoir prêté quelques cartes de son incomparable collection de cartes postales sur Tanger et de nous avoir ouvert sa bibliothèque tangérine, ce qui nous a ainsi permis de retrouver le prénom de NEUER : un abrazo muy cordial ! Merci aussi à Jean Balsan pour la consultation studieuse de sa très belle collection Neuer.